le salon du vintage de Paris

Optimisme, recherche de liberté, arrivée du prêt-à-
porter et des matières synthétiques : autant d’éléments qui font des
années 60 une décennie révolutionnaire et pleine
de surprise.

 

Des pièces phares émergent comme la mini-robe de Mary Quant
qui entre dans le monde de la Haute couture grâce à André
Courrèges, le pantalon féminin de la collection 1966 d’Yves Saint
Laurent ou le bikini. Les couleurs se font vives, les matières
fantaisistes et les motifs récurrents : pois, rayures, bijoux en
plastique. De nombreux créateurs participent au rayonnement
de cette mode novatrice et pétillante comme Pierre Cardin,
Emanuel Ungaro ou Emilio Pucci dont les couleurs vives et les motifs rétro séduisent les adeptes de l’inspiration pop.
Cette dynamique va se poursuivre avec la philosophie de mai 68
ou la jeunesse recherche, entre autres, une mode indépendante.
Les influences émergent de la rue où s’agencent fraîcheur
et modernisme. Un état d’esprit qui s’accroît avec la révolution
hippie et des mots d’ordre tels que liberté et mélange.

Les silhouettes sont de plus en plus androgynes,
habillées de jeans, de t-shirts ou de vêtements aux coupes
amples (robes trapèzes, capes). Les motifs se mixent aux
couleurs (motifs fourrures aux couleurs roses ou bleues)
et les matières se diversifient toujours plus avec le succès
du brillant (satin, vinyle ou encore métal chez Paco Rabanne).
Cette nouvelle conception de la mode, caractéristique des
Années Orange est un tremplin pour de nombreux créateurs
comme Issey Miyake, Jean-Charles de Castelbajac,
ou encore Kenzo…

Dans les années 60, design et pétrochimie forment un cocktail explosif responsable
d’une révolution totale dans la conception de meuble. Grâce aux plastiques modernes, le conventionnel n’existe plus et permet la fantaisie, le futurisme et l’imaginaire. Le mobilier va s’arrondir, s’aplatir ou s’étirer. L’Italie participe activement à cette impulsion grâce à une multitude de créateurs comme : Gaetano Pesce, designer du très célèbre fauteuil « La Donna », Joe Colombo et son « boby » (petit meuble en plastique à tiroirs adopté par tous les architectes), Gae Aulenti et sa lampe télescopique « Pipistrella ».

En France le sculpteur Maurice Calka invente le bureau
boomerang en plastique et Ruth Franken moule sur le corps
humain de la résine pour créer le fauteuil « homme ».
Pour comprendre l’évolution du design dans les années 70,
il suffit de se plonger dans le Visiona 2, l’appartement-paysage
du danois Verner Panton qui regroupe toutes les tendances :
foisonnement de luminaires, fauteuils colorés en plastique,
flot de tissus et moquettes aux couleurs psychédéliques.
Deux couleurs émergent et sont aujourd’hui symboliques
des années 70 : le orange et le marron. Leur utilisation
excessive dans le paysage urbain fait d’elles le symbole
des années 70, une reconnaissance du grand public
sans égale à ce jour. Plusieurs grosses maisons comme Knoll,
Artemide, Kartell, B et B Italia s’engouffrent dans le créneau
du design et proposent une gamme d’objets très variée.
L’exposition « Italie : The New Domestic Landscape »,
à New York en 1972, officialisera la reconnaissance
d’un vrai mouvement créatif et emblématique
des Années Orange.